Les 14 et 15 octobre 2026, la SLN a participé à un atelier scientifique consacré à la réévaluation du statut de conservation de 154 taxons de reptiles terrestres natifs et endémiques de Nouvelle-Calédonie. Organisée à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), cette rencontre a réuni des experts et des acteurs de terrain autour d’un objectif commun : améliorer les connaissances sur ces espèces pour mieux orienter les actions de conservation.

Un patrimoine naturel exceptionnel, mais fragile

La Nouvelle-Calédonie abrite une biodiversité remarquable, caractérisée par un taux d’endémisme particulièrement élevé. Parmi ses espèces emblématiques, les reptiles terrestres, notamment les geckos et les scinques, occupent une place importante.

Avec un taux d’endémisme supérieur à 90 %, les lézards calédoniens constituent l’un des groupes faunistiques les plus singuliers du territoire. Certaines espèces sont dites « micro-endémiques » : leur aire de répartition se limite à quelques zones géographiques, parfois à un seul massif.

Cette particularité les rend particulièrement vulnérables aux modifications de leur environnement. Les incendies, les espèces exotiques envahissantes, l’urbanisation ou encore les activités minières figurent parmi les pressions susceptibles d’affecter leurs habitats.

Selon le précédent état des lieux réalisé en 2017 et repris dans la publication de la Liste rouge des lézards de Nouvelle-Calédonie en 2024, 69 des 104 espèces évaluées étaient considérées comme menacées, soit 66 %.

L’actualisation régulière de ces évaluations constitue donc un enjeu majeur pour suivre l’évolution des populations et identifier les priorités de conservation.

Deux journées d’expertise pour actualiser la Liste rouge

Réunis les 14 et 15 octobre dans le cadre de l’atelier Red List Authority (RLA) Reptiles, scientifiques et experts ont travaillé à la réévaluation du statut de conservation de 154 taxons de reptiles terrestres natifs et endémiques.

Cette démarche s’appuie sur les critères scientifiques de la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), référence internationale pour l’évaluation du risque d’extinction des espèces.

Plusieurs paramètres sont étudiés, parmi lesquels :

  • L’évolution des effectifs des populations ;
  • La répartition géographique des espèces et l’étendue de leurs zones d’occupation ;
  • L’état, la fragmentation et l’évolution de leurs habitats ;
  • Les menaces auxquelles elles sont exposées ;
  • Le risque de disparition à court ou à long terme.

Ces analyses permettent de déterminer le niveau de menace pesant sur chaque taxon, selon différentes catégories allant de « Préoccupation mineure » à « En danger critique ».

Les évaluations issues de cet atelier doivent désormais être soumises à la validation du comité RLA de l’UICN, avant de pouvoir être considérées comme définitives.

La SLN apporte son expertise des milieux miniers

Représentée par Alexandre Lagrange, responsable biodiversité, et Marie Valette, ingénieure biodiversité, la SLN a pris part aux échanges en partageant les données et les connaissances acquises sur les reptiles présents sur les massifs miniers.

Les études environnementales réalisées lors des phases d’exploration et les suivis menés sur les chantiers miniers contribuent à enrichir les connaissances scientifiques sur ces espèces et leurs habitats.

Ces observations de terrain permettent notamment de documenter leur présence, de préciser leurs aires de répartition et, dans certains cas, d’identifier de nouvelles zones où elles sont présentes.

En mettant ces informations à disposition de la communauté scientifique, la SLN participe à l’amélioration des connaissances sur la biodiversité calédonienne et à une meilleure compréhension des enjeux de conservation associés aux milieux miniers.

Le partage des connaissances au service de la biodiversité

La préservation de la biodiversité repose sur une connaissance aussi précise que possible des espèces, de leur répartition et des pressions auxquelles elles sont confrontées.

La collaboration entre organismes de recherche, experts naturalistes et acteurs économiques constitue à ce titre un levier essentiel. Elle permet de croiser les observations, d’actualiser les données disponibles et de disposer de bases scientifiques plus solides pour orienter les décisions.

En participant à cette démarche collective, la SLN réaffirme l’importance qu’elle accorde à la connaissance et à la prise en compte de la biodiversité dans ses activités.


Pour aller plus loin : Consultez la publication La Liste rouge des espèces menacées en France – Lézards de Nouvelle-Calédonie (2024), réalisée par Endemia, le Comité français de l’UICN, l’Office français de la biodiversité et le Muséum national d’Histoire naturelle : Site du Comité français de l’UICN | Site d’Endemia